Interprète

Les fonctions d’un interprète

Le travail d’un interprète consiste à restituer les paroles d’un orateur en une autre langue qui sera compréhensible par un public ciblé et qui est différente de celle de l’orateur. Ainsi, l’interprète doit avoir une très grande connaissance linguistique afin de pouvoir restituer, assimiler et décrypter les paroles ou les conversations de l’orateur. Son interprétation doit être complète, précise et fidèle afin que les deux parties se comprennent comme si elles parlent la même langue. Dans tous les métiers se rapportant à la langue, la fonction d’interprète est classée au premier niveau, c'est-à-dire au sommet. Les débouchés sont très vastes étant donné que le champ d’application est aussi large. En effet, un interprète peut travailler dans l’éducation en tant qu’enseignant, à la fonction publique, dans les organismes internationaux (ONU, UNESCO, OMS, OTAN, OCDE et Union Européenne), dans les organismes supranationaux et suprarégionaux, aux séminaires internationales, au congrès et aux colloques. A titre indicatif, 500 interprètes travaillent au sein de la Communauté Européenne. Pour être efficace dans ce travail, l’interprète doit avoir une capacité intellectuelle assimilable à celle de l’orateur pour que la syntaxe soit la plus approximative et que l’interprétation soit conforme à tout ce que l'orateur a exprimé. C’est un métier qui demande beaucoup de bonne volonté, d’hardiesse, d’exigence et d’intelligence. L’interprétation et la traduction sont des activités proches mais dont les méthodes diffèrent. L’interprétation se rapporte à un dialogue oral, tandis que la traduction se rapporte à la transcription d’un texte en une autre langue différente par écrit.

Autant que possible, la fidèle restitution dans plusieurs langues doit être assurée. Mais en tenant compte de plusieurs circonstances telles que les moyens utilisés par exemple, une partie du message peut être ratée et l’interprète se doit de les compléter au mieux qu’il peut en restant toujours dans le sujet traité. Ces cas se rencontrent souvent et c’est ce qui rend cette fonction encore plus difficile. En effet, la moindre incidence peut altérer la qualité du message, tel un frottement de papier au micro, un coup sur la table où il y a le micro, l’installation du micro près d’un matériel produisant une interférence et provoquant des bruits, l’emplacement non idéal du microphone pour l’orateur, etc. Malgré les bruits, l’interprète ne dispose que d’un moment ponctuel pour réfléchir et restituer le message d’une conversation, d’un débat ou d’une conférence.

Les compétences requises et les exigences sollicitées pour le métier d’interprète

Le comportement personnel est un facteur de réussite dans le métier d’interprète. En effet, la personne doit être flexible, discrète, diplomate, ouverte d’esprit, intellectuellement curieuse, calme, souple, vive et agile. Et en plus, il faut qu’elle dispose d’un grand savoir-être qui s’allie à son savoir-faire. La maîtrise des langues, la capacité d’analyse, la concentration intense et la forte personnalité tant sur le plan psychologique que sur le plan professionnel sont absolument obligatoires. Toutes ces exigences ne doivent pas être prises à la légère car elles font partie de la profession elle-même. La connaissance des langues est également primordiale comme ce travail se rapporte principalement à elles. A priori, le français doit être impeccable que ce soit pour l’orale ou pour l’écrit. Le lexique, le style, la grammaire, la syntaxe et même la culture doivent être maîtrisés. En plus du français, l’anglais doit être également dominé, et d’autres langues étrangères, les plus utilisées, doivent être sues. Pour l’aider dans son travail, l’interprète doit porter un intérêt particulier à tout ce qui est initiation en langues étrangères. A chaque type d’interprétation, le sujet que chaque orateur développe diffère. Ainsi, l’interprète doit faire des recherches préalables pour connaître les détails des cultures ou techniques à développer. Les vocabulaires techniques doivent être acquis tout comme la culture générale sur le sujet à traiter. Il faut qu’il saisisse les enjeux de la discussion afin qu’il puisse axer son interprétation au cas où il a du mal à saisir le message de l’orateur, au moins il connaît déjà son intention.

Les modes d’interprétation

Plusieurs modes d’interprétation existent selon les moyens utilisés et l’envergure du débat. L’interprétation consécutive consiste en une prise de note à la volée en usant parfois de pictogrammes pour sortir l’intégralité du discours à la fin. L’interprétation simultanée nécessite l’utilisation d’équipements spécialisés (écouteur, microphone et console) installés dans une cabine où l’interprète fait son travail en traduisant progressivement ce qu’il entend. Deux interprètes peuvent travailler en relais en l’espace d’une demi-heure. Le chuchotage ressemble à l’interprétation simultanée à la différence de n’user d’aucun équipement. L’interprète s’assied dans la salle près de son délégué et traduit au fur et à mesure en chuchotant à l’oreille de ce dernier. L’interprétation de conférence est destinée aux vrais professionnels du fait que la qualité du travail recherché doit être impeccable. Cette interprétation se rapporte aux conférences internationales, au congrès, aux séminaires et aux colloques. L’interprétation de liaison se fait le plus souvent par des amateurs au sein d’un groupe pour les visites ou les réunions, dans la plupart des cas, elle reste informelle. L’interprétation sociale consiste à assumer le rôle d’interprète et de médiateur entre les diverses souches de sociétés.

La formation pour devenir interprète

Pour devenir interprète, il faut être bachelier et suivre des études dans les grandes écoles. Ces études correspondent à un niveau universitaire pour des cycles longs de 5 ans. Durant les 3 premières années, l’étudiant suivra le tronc commun. Durant cette période de tronc commun, l’étudiant aura le « bac de transition en traduction et interprétation ». Les deux ans restant consistent au master en interprétation. Les programmes peuvent varier selon les grandes écoles mais généralement la base doit toujours être la langue. La langue de base est obligatoire et lors de l’inscription, l’étudiant doit choisir au moins deux langues étrangères. Un bon niveau en expression et en compréhension est requis pour ceux qui souhaitent apprendre le néerlandais et l’anglais. Outre la langue, la formation générale se rapporte à la sociologie, la psychologie, l’histoire et la philosophie. En plus de la formation générale, les établissements octroient aux étudiants une formation juridique sur le droit administratif et public, le droit civil et le droit commercial. Une formation économique, ayant comme matières les institutions internationales, la géographie politique et l’économie politique, complète ces acquis.

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